Destruction de la fonction publique en marche, le conseil économique, social et environnemental (CESE) confirme

Dans son avis «Lutter contre la précarité professionnelle par une économie plus inclusive » (1)  rendu le 24 février 2026 et consacré à la situation des travailleurs des secteurs privé et public, le CESE reprend à son compte l’analyse de notre Union syndicale sur la destruction – par touches successives – du statut de la fonction publique, l’accroissement de la précarité, le décrochage des rémunérations, sans oublier la dégradation des conditions de travail.

Une augmentation exponentielle et continue du nombre de contractuels

Ainsi,  « dans la Fonction publique, les formes d’emploi hors statut et plus précaires ont augmenté au cours des dernières décennies. En 2023, les agents contractuels représentaient 23,3 % de l’ensemble des effectifs publics contre 11% en 2011 » (page 39).

Une tendance qui ne doit rien au hasard mais tout à différents textes en particulier deux d’entre eux « [Les] loi (s) Sauvadet (2) de 2012 [et n° 2019-828 du 6 août 2019] pour la Transformation de la fonction publique de 2019 ont accéléré cette tendance avec la possibilité de recruter en CDD renouvelable ou en CDI public sur des emplois permanents, et également en CDD de mission pour des projets temporaires » (page 39).

Une tendance qui n’a rien d’anodine, en particulier sur la rémunération des contractuels qui – sauf exception – sont nettement moins rémunérés que les titulaires à fonctions et ancienneté équivalentes.

Nous sommes donc très éloignés des jérémiades de nos décideurs expliquant que les incessantes évolutions dans la fonction publique viseraient à résorber la précarité et améliorer les conditions d’emploi des agents publics…

Rémunération en berne

* Faisant référence à trois études publiées en juillet 2025 par l’institut national (INSEE) sur les rémunérations, le CESE rappelle qu’elles «  font état d’une diminution des salaires,corrigés de l’inflation, dans les trois Fonctions publiques tout statut confondu […] À volume de travail identique, les agents de la fonction publique perçoivent un salaire net moyen inférieur de 3,7 % à celui de leurs homologues du secteur privé, malgré leur âge et leur niveau de diplôme en moyenne plus élevés » (page 39).

Une diminution déjà ancienne dont vous pourrez vous faire une idée en vous rendant sur notre « Simulateur de perte de salaire, c’est ici ! » (3).

Des revalorisations indiciaires collectives et non individuelles via les primes

Tirant les conséquences de son constat accablant, « le CESE recommande d’augmenter les rémunérations des agents publics afin de compenser la perte réelle de revenus […] et d’accroître l’attractivité des carrières publiques via le volet indiciaire, par une revalorisation de points […et] la réévaluation des grilles lorsque, notamment, les premiers échelons sont rattrapés par les évolutions automatiques du SMIC » (page 41).

Et non par le recours à « la flexibilisation des rémunérations des fonctionnaires dont la part variable (primes) est passée de 14 % en 2000 à 22 % en 2022, notamment après la mise en place du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel (RIFSEEP) » (page 40).

Pour lire la suite, télécharger le Tract avis CESE 24 02 26

Le 8 mars, toutes en grève !

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Le fémonationalisme est un racisme, pas un féminisme !

Depuis quelques années, les groupes fémonationalistes occupent régulièrement l’espace, poussés par un environnement médiatique résolument antiféministe.
Ces groupes prétendent défendre les femmes qui dénoncent les violences sexistes et sexuelles. Enfin les femmes, pas toutes ! Pas les racisées. Pas les musulmanes. Pas les femmes trans.

Alors que les groupes fémonationalistes disent défendre « leurs » femmes, ils abandonnent et condamnent toutes les autres. Ce faisant, ils consolident l’ordre patriarcal. Ce n’est pas être féministe !

Surtout, les groupes fémonationalistes ne s’offusquent des violences faites aux femmes que lorsqu’ils peuvent en accuser ceux qu’ils considèrent comme « étrangers » et/ou musulmans.

Comme l’explique Sara Farris, les fémonationalistes instrumentalisent la cause des femmes pour dérouler un discours raciste, islamophobe et xénophobe. Leur projet ne défend les femmes que si elles entrent dans le cadre d’une vision traditionaliste de la famille, au sein d’une communauté ethnocentrée. Loin de lutter pour l’autonomie des femmes, ces groupes entendent leur imposer un modèle unique de féminité.

Au final, le prétendu féminisme des fémonationalistes est une dénonciation de façade des violences sexistes que subissent les femmes, qui ne bouscule en rien le patriarcat et la domination masculine, mais renforce les discours racistes et xénophobes. Et cela n’a rien de commun avec le féminisme qui toujours luttera pour l’émancipation et l’autonomie de toutes les femmes.

 

Lâchez leur le voile !

Qu’on force les femmes à porter le voile ou à le retirer, le problème est toujours le même : où est le choix ?

Pour dénier ce choix aux femmes musulmanes, prétexte est pris de leur prétendue soumission. Elles ne peuvent pas vouloir porter le voile et, si elles prétendent le contraire, c’est qu’elles sont endoctrinées. Il faut donc les libérer. Au besoin, contre leur gré.

Cette rhétorique nie toute forme d’agentivité aux femmes, toute autonomie. Elle les stigmatise et les exclut. Sous couvert de défendre les femmes musulmanes, on les violente encore.

Or, agir en féministe, ce n’est pas rabaisser les femmes, ce n’est pas parler à leur place. Agir en féministe, c’est lutter pour que chacune ait droit à l’autonomie. C’est défendre, sans relâche, la liberté, sans rien imposer !

 

PROCÉDURE D’ENTRETIEN PROFESSIONNEL : BIEN S’Y PRÉPARER

POSSIBLE : L’ACCOMPAGNEMENT PAR UN TIERS SELON LA JURISPRUDENCE

SUD INTÉRIEUR a toujours considéré cette option comme possible, et ce, d’autant plus que nous avons eu connaissance de quelques cas ici et là de son usage depuisque cette procédure a été inaugurée en 2004.

Un arrêt récent de la juridiction administrativr est venu le confirmer en validant, « la présence d’un tiers en qualité de simple observateur ne vicie pas la procédure lorsqu’il existe comme en l’espèce […] une situation conflictuelle entre le fonctionnaire et son supérieur » (CAA Bordeaux, 7 octobre 2025, n° 23BX03179).

LES AGENTS CONCERNÉS

Les personnels (compris ceux en détachement dans notre ministère) titulaires administratifs, techniques et spécialisés, de la filière sociale, contractuels recrutés pour une période d’au moins un an (compris les navigants du groupement des moyens aériens de la sécurité civile) et Ouvriers d’État, y compris les agents de notre ministère affectés dans les directions interministérielles (DDI), ceux du ministère en détachement dans une autre structure (évalués par leur administration d’accueil).

Sont dispensés de la procédure, les fonctionnaires stagiaires pour lesquels un rapport de stage est établi , bénéficiant d’une décharge totale de service pour l’exercice de mandats syndicaux, absents de façon continue sur toute la durée de la période de référence, les travailleurs handicapés recrutés par la voie contractuelle et les agents recrutés par la voie du PACTE, pendant la période préalable à leur titularisation et les apprentis ainsi que les contractuels recrutés pour une période inférieure à un an.

OBLIGATOIRE : L’ÉVALUATION PRÉALABLE DE VOTRE ÉVALUATEUR AVANT DE POUVOIR PROCÉDER AUX ENTRETIENS PROFESSIONNELS

Aussi, vous devez vous assurer que votre évaluateur a bien été lui-même préalablement évalué avant de vous soumettre à l’exercice.

OBLIGATOIRE : LA CONVOCATION Y COMPRIS POUR LES AGENTS ABSENTS PENDANT LA PÉRIODE DE RÉALISATION DES ENTRETIENS PROFESSIONNELS

Ainsi, la jurisprudence a annulé un compte-rendu d’entretien professionnel d’un « agent  placé en congé de longue maladie », empêché par conséquent d’être présent physiquement sur son lieu de travail au moment de la période des entretiens professionnels, au motif que cette situation « ne dispensait pas l’administration, si elle ne pouvait pas retarder la tenue de l’entretien, de le convoquer néanmoins […] dans des délais lui permettant, à défaut d’entretien et dans la mesure compatible avec son état de santé, soit d’avoir un échange par visioconférence ou par téléphone, soit de faire parvenir des observations écrites » (CAA Paris, n° 20PA04065, 13 juillet 2022).

Pour lire la suite télécharger le TractnationalEP 2026

Fonction publique : 356 000 agent·es sous le Smic !

Le Smic est augmenté annuellement pour tenir compte de l’inflation. En janvier 2026, le Smic augmentera de 1,18%. En conséquence, le Gouvernement a annoncé que plus de 356 000 agent·es de la fonction publique dans chacun des trois versants percevront une rémunération indiciaire inférieure au salaire minimum. Leurs employeurs devront verser une indemnité différentielle pour compenser la faiblesse de leur rémunération.

Comme chaque année, ce sont des centaines de milliers d’agent·es qui se retrouvent au salaire minimum. En l’absence de revalorisation du point d’indice et des grilles indiciaires, les salaires de près d’un million d’agent·es sont à quelques euros mensuels près au niveau du salaire minimum.

Pour Solidaires fonction publique, l’urgence est à l’ouverture de négociations immédiates sur la question salariale dans toute la fonction publique, en particulier sur le rééchelonnement des grilles indiciaires et la valeur du point d’indice.

DÉFENSE DES AGENTS : SUD INTÉRIEUR OBTIENT DES RÉSULTATS, ILLUSTRATION À LA PRÉFECTURE DE LA SEINE-MARITIME

REFUS D’ ATTRIBUTION DU COMPLÉMENT INDEMNITAIRE ANNUEL (CIA) : LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF DONNE ENCORE RAISON A UN AGENT ÉCARTÉ DE SON BÉNÉFICE EN 2023

Dans un jugement du 17 juin 2025, la juridiction administrative a annulé la décision de l’employeur refusant d’attribuer un montant de CIA pour l’année 2023 à un collègue, alors pourtant que le contenu de son compte-rendu professionnel ne pouvait justifier une telle sanction pécuniaire.

Dans la pratique, cette décision est équivalente à celle déjà prise par le TA le 22 février 2024 pour un autre collègue lui aussi privé de CIA au titre de l’année 2021 dans des circonstances strictement analogues.

Dans les deux cas, l’employeur n’avait laissé d’autre solution aux « punis » que d’aller devant la juridiction administrative, puisqu’il refusera de donner une suite favorable aux démarchés entreprises auprès de lui par SUD INTÉRIEUR sur le mandat des intéressés pour obtenir le versement du CIA dont ils avaient été privés totalement injustement.

Si la « case » contentieux n’avait, par contre, pas été nécessaire en 2024 pour obtenir une augmentation du plancher de 250 € attribué, chichement, à un autre collègue au titre de l’année 2023, il nous faudra néanmoins plusieurs mois pour obtenir satisfaction, l’employeur ayant zigzagué dans sa position.

Prudents, nous avions néanmoins pris la précaution d’avoir fait déposer par l’agent un recours devant le TA au cas où, dont il se désistera une fois satisfaction obtenue.

REFUS D’INDEMNISER LES JOURS DE CONGÉS NON PRIS PAR UNE CONTRACTUELLE AU TERME DE SON CONTRAT : SUD INTÉRIEUR FAIT CHANGER DE POSITION L’ADMINISTRATION

Saisi il y a quelques semaines par une ancienne collègue pour un refus réitéré à deux reprises par le service ressources humaines (SRH) du secrétariat général départemental commun (SGCD) de lui verser l’indemnité pour ces jours de congés annuels non pris au terme de son contrat, SUD INTÉRIEUR a obtenu l’inversion de cette décision le 25 juillet 2025.

Il est vrai que nous lui avions « mâché » le travail, en lui produisant tous les éléments juridiquement incontestables ne le lui laissant pas d’autre issue que de le…faire, sauf à s‘assurer un nouveau camouflet devant le TA de Rouen.

Autant d’éléments précis dont le contenu tranchait avec celui du SRH, qui, non content de ne produire aucune base légale à son refus à deux reprises, réussira même la performance d’invoquer des motifs…différents et totalement « à côté de la plaque »…

Si SUD INTÉRIEUR se réjouit que l’employeur ait choisi, cette fois-ci, de satisfaire rapidement notre sollicitation, nous n’oublions pas que, sans notre intervention, la collègue aurait été privée de ses droits en raison d’une grossière erreur de l’administration, sur un dossier ne présentant pourtant pas une complexité juridique particulière.

Plus globalement et malheureusement, instruits par les nombreux dossiers que nous traitons dans ce département ou dans d’autres, nous savons qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé.

Pour lire la suite, télécharger le Tract national SUD INTERIEUR OBTIENT DES RESULTATS

Le 13 mai, toutes et tous en grève

Pour nos salaires, nos conditions de travail, contre l’austérité.
Pour des services publics partout et pour tous·tes
Contre leur économie de guerre

Après avoir tenté d’imposer deux jours de carence supplémentaires et avoir reculé sous la pression de la grève du 5 décembre dernier, le gouvernement a imposé la baisse de l’indemnisation des congés maladie ordinaire, a supprimé la GIPA et a donné pour seule perspective une année salariale blanche pour les plus de 5 millions d’agent·es publics.

De nouvelles mesures d’austérité

Dans le même temps, les perspectives sont de plus en plus sombres. La dernière circulaire budgétaire en date prévoit des politiques austéritaires encore plus strictes et donc une nouvelle dégradation de la qualité des services publics et des conditions de travail des agent·es publics. Pour autant, les riches et les grandes entreprises n’ont jamais payé aussi peu d’impôts, et donc jamais aussi peu contribué à financer les services publics.

Il faut des services publics !

Nous ne pouvons pas laisser les gouvernements successifs sous couverts de motifs et faux prétextes, comme aujourd’hui, l’effort de guerre, dégrader les services publics et la situation des agent·es publics.

La population a besoin de services publics dans tous les territoires, couvrant tous les besoins de la vie. De nouveaux services publics restent même à créer pour soutenir la population.

Les agent·es publics ne peuvent plus être systématiquement être montré·es du doigt et servir de bouc émissaire. Ils et elles ne peuvent être celles et ceux sur qui reposent systématiquement les économies.
Les agent·es publics font tenir les services publics. Comme toutes et tous les autres travailleur·es, les agent·es publics dont les rémunérations décrochent, veulent vivre et non survivre. Ils n’ont pas à mendier une rémunération digne, à la hauteur du travail effectué.

Faisons valoir nos revendications

Alors le 13 mai, pour faire valoir nos revendications et exiger :

  • la suppression de tout jour de carence
  • la suppression de la baisse de l’indemnisation du congé maladie ordinaire
  • le rétablissement de la GIPA
  • l’attribution de 85 points d’indice pour toutes et tous, la revalorisation du point d’indice, l’indexation sur l’inflation
  • des créations d’emploi et un plan massif de titularisation pour redonner de l’air aux services publics
  • la fin des attaques et des menaces contre les agent·es publics et le fonctionnaire-bashing des responsables politiques et gouvernementaux.

Pour des services publics dotés des moyens humains et matériels indispensables à leur bon exercice.

Nous ne serons pas les variables d’ajustement destinées à maintenir les profits des grandes entreprises et des plus riches.

Toutes et tous en grève le 13 mai !

Télécharger le Solidaires_-_Tract_13_mai

Salaires : rien n’est réglé !

Sur la question des salaires, rien n’est réglé dans la fonction publique. Les salaires dans le secteur public sont plus bas que dans le secteur privé, en moyenne de 3,7% selon l’INSEE. Les salaires moyens du privé sont supérieurs de 200 euros au salaire moyen dans la fonction publique.

Les discours de “modération salariale” du gouvernement sur la paye des travailleuses et travailleurs du secteur public sont inacceptables.

Des salaires qui stagnent ou qui baissent

Dans la fonction publique, les salaires nets moyens n’ont pratiquement pas augmenté depuis près de 15 ans quand on considère l’inflation. Ainsi, l’Insee indique que dans toute la fonction publique, l’augmentation moyenne des salaires n’a été que de 0,1% entre 2009 et 2022.

Dans le détail, c’est encore pire pour la fonction publique de l’État : le salaire y a baissé de 1,8% !

Des écarts de salaires importants entre fonctionnaires et contractuel·les

Le revenu moyen des salarié·es contractuel·les est inférieur de 260 euros à celui des fonctionnaires. En 10 ans, le nombre de salarié·es sans le statut de fonctionnaire a bondi de plus d’un tiers dans la fonction publique. Et on comprend bien pourquoi : bien souvent, il permet de recruter à l’économie des agent·es qui effectueront pourtant les mêmes tâches. Plus d’une agent·e sur 5 est désormais contractuel·le. L’État, les hôpitaux, les collectivités territoriales sont les principaux acteurs du dumping social en France, qui prive également les régimes de retraite du secteur public de cotisations.

Un salaire indiciaire qui ne progresse pas

Le salaire brut, dépendant du point d’indice est bien différent des primes et des indemnités. L’essentiel du régime de retraite des fonctionnaires dépend en effet de l’indice atteint en fin de carrière. De même, les régimes indemnitaires peuvent varier.

Depuis 2000, le coût de la vie a augmenté de 52%. Le salaire indiciaire, à échelon constant, n’a augmenté que de 15%. Si l’on excepte quelques rééchelonnement obtenus de haute lutte dans certains secteurs, l’essentiel de la compensation en termes de pouvoir d’achat s’est traduit par des primes et des indemnités. En procédant ainsi, les pouvoirs publics assèchent les régimes de retraite des fonctionnaires.

Des inégalités salariales qui persistent entre femmes et hommes

Si le public fait un peu moins pire que le privé en matière d’inégalités salariales entre les hommes et les femmes, les inégalités persistent. À temps plein, les femmes ont un revenu 12,7% plus faible que celui des hommes. Mais les femmes ont une quotité horaire bien souvent supérieure à celle des hommes, ce qui conduit leur salaire réel à être 15% plus bas que celui des hommes en moyenne. L’écart de salaire a mis 26 ans à se résorber de 3 points. Cela signifie que si rien ne change, on peut espérer une égalité de salaires dans un siècle.

Pour calculer la perte occasionnée par le gel du point d’indice depuis 2000, Solidaires met à disposition un simulateur disponible ici !

Cliquez ici pour télécharger le tract Solidaires_SUDinter_Tract_salaires

L’extrême droite attaque la justice administrative

Le 30 janvier, le media d’extrême droite Frontières publiait dans un hors-série une liste nominative d’avocats défendant des personnes étrangères devant les juridictions administratives. D’autres articles du même numéro visaient nommément des juges administratifs. Depuis, une partie des personnes ainsi jetées en pâture font l’objet de menaces et de harcèlement de la part de l’extrême droite et de ses nervis.

Sud Intérieur et Sud Ofii condamnent fermement ces attaques contre des avocats et des magistrats qui n’ont fait que remplir leur office. Nous nous tenons à leurs côtés et voulons leur exprimer ici notre soutien et notre solidarité.

Les attaques de la droite et de ses extrêmes contre la justice, hier judiciaire, aujourd’hui administrative, doivent cesser. Car ce qui est visé derrière la justice, c’est l’état de droit, pilier de notre démocratie.

Ce que vise l’extrême droite en attaquant avocats et magistrats, c’est le droit, pour les personnes étrangères de contester, dans le respect des procédures prévues par le droit, la légalité des décisions qui les concernent. Ainsi, avec l’extrême droite, certaines décisions de l’Etat deviennent au dessus de la loi, l’Etat peut alors s’affranchir des lois votées -certes de moins en moins- par la représentation nationale.

Par leurs récentes attaques contre les avocats, accusés  » d’emboliser » la justice, la droite et ses extrêmes entendent défaire le droit d’être entendu et défendu devant la justice, rempart contre l’arbitraire étatique – dont l’extrême droite est pourtant contente de pouvoir bénéficier lorsqu’elle est sur le banc des prévenus.

Ainsi se dessine la vision de la politique de l’extrême droite : un état arbitraire, tout puissant, dégagé de la contrainte du respect de ses propres lois. Aujourd’hui, ce sont les personnes étrangères qui sont visées. Demain, ce seront d’autres. Il faut sans cesse redire notre attachement à l’état de droit et à la démocratie et toujours lutter contre ceux qui veulent les mettre à bas.

Jours de carence dans la fonction publique : halte aux contre-vérités !

Après des années à dilapider l’argent public au profit des plus riches notamment en distribuant des aides publiques aux entreprises sans conditions (ni salariales, ni sur l’emploi, etc.), le gouvernement veut donc désormais faire payer la dette aux agent·es publics. Depuis deux semaines le ministre de la fonction publique ne cesse dans la presse de répandre des idées reçues, éléments contestables et contestés, pour justifier le passage à 3 jours de carence pour l’ensemble des agent·es publics.

Retour sur le vrai du faux :

« L’instauration du jour de carence permettrait de lutter contre l’absentéisme volontaire»

Faux.

Première chose : il ne faut pas parler d’absentéisme mais d’absence pour maladie. Les agent·es ne sèchent pas le travail. Iels sont arrêté·es par leurs médecins en raison d’indications médicales. L’instauration du jour de carence a diminué les arrêts de courte durée mais multiplié les arrêts de plus longue durée. Ce qui est certain, c’est que cela incite les agent·es malades à venir travailler, que cela nuit à un rétablissement rapide et complet, et cela présente des risques de contamination pour les collègues et les usager·ères ! C’est un véritable risque sanitaire que l’on fait courir notamment aux personnes vulnérables, singulière- ment les usagers·ères des établissements de soins et les personnes âgées.

«Le taux d’absence est plus important dans le public que dans le privé»

Vrai et faux!

En 2022, le nombre de jours d’absence dans la fonction publique d’Etat, hors enseignement était de 10,2 contre 11,6 dans le secteur privé. La hausse des absences s’explique selon l’IGF, à 95 % par les caracté- ristiques de la population, plus féminisée et plus âgée que dans le reste de la population active !

Vrai ! Mais pourquoi ?
Dans les fonctions publiques hospitalière et territoriale, les taux d’absentéisme sont plus élevés là où la pénibilité et l’exposition aux risques sont plus im- portantes : infirmières, aides soignantes, éboueurs, agents d’accueil, assistantes maternelles, égoutiers… Il faut par ailleurs prendre en compte l’impact des ar- rêts maladie pendant la pandémie dans des secteurs tels que la santé qui ont été en première ligne et for- tement impactés par le COVID.

«Il existe une inégalité entre public et privé du point de vue des jours de carence!»

On ne peut pas comparer.

Contrairement à ce qu’affirme le gouvernement, les agent·es publics sont moins bien traité·es que la ma- jorité des salarié·es du privé et Kasbarian propose d’accentuer encore cette inégalité ! Aujourd’hui dans le secteur privé, 3 jours de carence sont prévus par la loi. Mais les conventions collectives conduisent de nombreuses entreprises à prendre en charge l’indem- nisation de leurs salariés. Au final si 63,5 % des salarié·es voient leurs jours de carence pris en charge en tout ou partie, cette proportion monte à 85 % dans les entreprises de plus de 500 salarié·es !

Et cette inégalité n’est pas prête de se réduire puisque la loi exclut la prise en charge des jours de carence par la complémentaire santé. Les agent·es publics resteront donc sur le carreau avec ces 3 jours de carence.

« La diminution du niveau d’indemnisation des arrêts maladie de 100 à 90% serait une mesure de justice en alignant le public sur le privé »

Faux.

Le Code du travail impose aux employeurs de compléter l’indemnisation des arrêts des salarié·es par l’assurance maladie pour atteindre 90 % du salaire. Mais dans les faits les entreprises abondent les in- demnisations jusqu’à 100 % du salaire pour 70 % des salarié·es.

Au final, le ministre veut aligner les fonctionnaires sur la situation des 30 % des salarié·es du privé les moins bien traité·es ! C’est ça l’attractivité? Ces mesures de régression sociale pénaliseront financièrement davantage les femmes et les agentes et les agents qui exercent des tâches pénibles, le plus souvent les moins bien rémunéré·es !

3 jours de carences, ça va peser lourd dans le portefeuille des agent·es : en moyenne, 3 jours de carence cela représente environ 300 euros. Autant dire que cela va amputer de beaucoup les salaires notamment pour les agent·es déjà les moins bien rémunéré·es, les femmes etc. Cette somme s’ajoute à l’annonce de gel du point d’indice (encore!) pour 2024, la suppression de la GIPA et les seuls 0,06 euros (montant mes- quin) pour que les premiers échelons de C et B ne passent pas en dessous du SMIC…

Être malade n’est pas un choix ! Être soigné est un droit ! Défendons-nous.

Télécharger le tract JourDeCarence

Fonction Publique: les gouvernements passent, la destruction continue !

À peine nommé, le nouveau ministre de la fonction publique a indiqué vouloir débureaucratiser les services publics. Vocabulaire qui laisse d’ores et déjà entrevoir les orientations d’une politique libérale aux antipodes des besoins en termes de services publics pour la population et les usager·es. C’est pourtant cette politique libérale qui a amené les services publics dans la situation de délabrement que nous connaissons aujourd’hui. Ce gouvernement va continuer ce que les précédents avaient largement entamé : toujours moins de règles pour le patronat, toujours moins de sécurité pour les travailleurs·euses.

En qualifiant “d’ambitieux” le projet de loi, actuellement suspendu, de transformation de la fonction publique du précédent ministre, Guillaume Kasbarian fait siennes les mesures que Solidaires Fonction Publique dénonçait comme étant des attaques inadmissibles contre le statut des fonctionnaires et les services publics. Salaire au prétendu mérite, déroulé de carrières et évolutions professionnelles au bon vouloir de la hiérarchie, licenciements facilités, quels que soient le ministre ou le gouvernement pour Solidaires Fonction Publique c’est non.

Les agent·es publics attendent une augmentation générale de leur salaire alors que l’inflation a annulé les insuffisantes augmentations du point d’indice de 2022 et 2023 après 10 ans de gel. L’année 2024 a été une année blanche, sans aucune augmentation de salaire.

Alors que les conditions de travail notamment du fait du manque de moyens et de personnels se dégradent, les agent·es en subissent les conséquences sur leur santé physique et mentale.

Pourtant, l’Inspection générale des Finances et l’Inspection Générale des Affaires Sociales ont récemment enfoncé le clou et préconisé de faire passer les agent·es publics à trois jours de carence. Encore une fois les économies budgétaires se font sur le dos des agent·es.

Pour de meilleurs services publics, pas de “simplification/suppression” mais bien plus de moyens. C’est la seule solution pour pouvoir exercer nos missions auprès des usager·ères.

Solidaires Fonction Publique revendique:

– l’arrêt immédiat des suppressions d’emplois

– des plans massifs de recrutements et de titularisations

– la création de services publics dans tous les secteurs, dans tous les territoires pour répondre à l’ensemble des besoins de la population afin de réduire les inégalités sociales

– l’abrogation du jour de carence

– l’attribution d’un nombre de points d’indice identique pour toutes et tous, a minima 85 points supplémentaires.

– la revalorisation significative du point d’indice

– l’abandon définitif du projet de loi Guérini

Le 1er Octobre tous et toutes en grève et dans l’action!

Télécharger le Tract_1er_octobre_FP